Pétition sans fondement (2017)

Bruno Marceau entreprend en 2017 l’ouverture d’une pétition sans fondement. Aujourd’hui, près d’une centaine de signataires ont appuyé sa proposition.

Ironiquement, ce document écrit n’est pas une requête adressée à une autorité quelconque qui formule une demande ou une plainte. Toutefois, elle est peut-être un vœu passif de manifester son existence sans nuire ou causer de tort à autrui.

Le choix de la pétition sur papier, par opposition à une version électronique, interroge la valeur actuelle de la signature dans un contexte de développement numérique sans borne. Sur papier filigrane de ciel bleu, l’oeuvre fait référence au stockage de données infonuagiques. Sommes-nous la dernière génération à développer et à maintenir cette aptitude bientôt caduque?

Outre ce commentaire au monde virtuel, l’oeuvre met en lumière la signature comme besoin fondamental qu’éprouve chaque individu à se singulariser. De plus, au point de vue de l’art visuel, ce geste a priori d’ordre légal est généralement le seul lien que gardent les signataires avec l’acte de création.